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Nous, les Flamands, nous sommes tous habités par un désir incontrôlable d’évasion. La Flandre serait-elle trop petite ? L’hidalgo espagnol nous aurait-il transmis son impulsivité et sa soif de voyage ?
Ni mon frère Peter ni moi ne quittions jamais la maison de Gand sans vérifier que notre passeport ainsi que notre agenda muni de cartes du monde se trouvaient bien dans la poche du blouson. Il m’est arrivé trois fois, quand j’étais adolescente, de me retrouver sur le quai de la gare du Nord à Paris, étonnée par ma propre conduite. A Gand, un train était en partance pour Paris : je sautais dedans. Heureusement que la tante compréhensive (Teresa avait quitté elle-même à l’âge de dix-huit ans, juste après la guerre, ville, pays, famille pour venir vivre à Paris) était là pour m’héberger jusqu’à mon sage retour à la maison.
Qui est Jan Yoors ? Un jeune Flamand, fils unique de parents artistes d’Anvers. Il a douze ans lorsqu’il rencontre un campement de Tsiganes en bas de sa rue. Il les suivra, avec l’accord de ses parents ! Pendant six ans, il demeurera avec eux. Merveilleuse intégration auprès des Roms Lovasa, apprentissage de la vie des nomades, et bien plus : initiation totale aux coutumes, aux secrets, au bonheur d’être Rom. Bref, ce sera un tissage de profonde et durable amitié. Cela s’est passé entre 1934 et 1940.
Puis vint la Guerre.
Jan Yoors, Flamand avec les Roms, devient un maillon important dans les réseaux de la Résistance en France. Il verra plusieurs de ses frères Roms disparaître, envoyés dans les camps nazis, où 600 000 Tsiganes seront exterminés. Le livre se termine lorsqu’il rejoint Madrid avec des fugitifs, après avoir traversé les rudes Pyrénées, sous la neige.
J’ai lu ce livre d'un trait, il y a quelques années, et puis je l’ai offert à un ami, lui-même ami de Tsiganes. Le souvenir de ce témoignage m’est resté.
Aujourd’hui, ma commande est arrivée ! C’est Béatrice désormais qui est plongée dans la lecture…