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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 23:50

Vous en saurez plus désormais en visitant le nouveau site de Mirandoline : http://mirandoline.weebly.com

 

Je vous propose encore un livre, cette fois-ci un petit. Mais comme j’aurais voulu qu’il fût dix fois plus gros ! Par ses livres, Elisabeth von Arnim m’est devenue une amie. Je vous donne ici tous ses titres (ses livres ne sont pas tous réjouissants!) Je n'ai pas de préférence, ils me plaisent vraiment tous. Le premier que j'avais lu d'elle était "Elisabeth et son jardin allemand". J'en ai acheté une dizaine de volumes, tant je voulais le faire connaître en l’offrant comme cadeau à mes amies.

   

            "En caravane", cela se passe dans l'île de Rügen, au nord de l'Allemagne. Nous y avons été il y a trois ans. J'ai pu y revivre tout son périple.

 

            "L'été solitaire", un prolongement de « Elisabeth et son jardin allemand ».

 

            "Mr. Skeffington"

 

            "Avril enchanté", trois amies partent en vacances.

 

            "Véra", pauvre épouse.

 

            "Christopher et Columbus", voyage en Amérique de deux sœurs jumelles, extraordinaire.

 

            "Tous les chiens de ma vie", pour ceux qui aiment vraiment les chiens et qui ne souffrent pas (comme moi) de leur aboiement à longueur de journée.

 

             "Love", encore pour les femmes qui ont du mal à passer la quarantaine…

 

 Revenons à "Elisabeth et son jardin allemand".

 

Elisabeth Von Arnim, d’origine anglaise, a épousé un aristocrate allemand, Von Arnim, (un cousin du poëte Achim Von Arnim, lui-même époux de Bettina Brentano Von Arnim, l’une des nombreuses amies du grand Goethe).

 

L’époux d’Elisabeth, le comte von Arnim possédait de vastes domaines en Prusse orientale, une région qui sombrera dans les ténèbres de la deuxième guerre mondiale.

 

Pour l’instant, nous sommes à la fin du XIXe siècle, Elisabeth n’a qu’un désir : vivre tranquillement avec ses trois petites filles (le Bébé d’avril, le Bébé de mai, le Bébé de juin… nous n’en saurons pas plus) dans la campagne merveilleuse de son domaine sauvage et romantique de la Poméranie. Elle a quitté quelques années auparavant la « grise et lugubre Angleterre ». Les nurses anglaise et allemande s’occuperont des Bébés, alors qu’elle se donnera corps et âme à son jardin, qu’elle désirera à tout prix transformer en un oasis de mille fleurs multicolores et odorantes.

 

A cette époque, se pencher sur la terre et planter ses bulbes de lys, ses roses « Marie van Houtte » ou ses plates-bandes de résédas n’est pas digne d’une grande dame.

« Il m’est arrivé un beau dimanche d’avril dernier, durant le repas des domestiques, de me glisser hors de la maison, armée d’une pelle et d’un râteau,  et de bêcher fiévreusement un petit carré de terre afin d’y planter quelques volubilis avant de revenir en toute hâte m’effondrer sur une chaise, rouge et confuse, et me cacher derrière un livre pour préserver ma réputation d’honnête femme. […] Quel bonheur de vivre en ce jardin avec mes livres, mes bébés, mes oiseaux, et tout le temps d’en jouir ! » (p. 42)

 

On se lasserait vite d’un manuel de botanique classique.

Mais ce petit journal est truffé de pensées mordantes lancées avec un air très distingué comme ne peut le faire qu’une Anglaise.

Totalement dépourvue du qu’en dira-t-on, à l’époque où l’opinion du « monde » importe beaucoup, elle évolue libre et insouciante, égoïste même envers son entourage. Elle raconte les quelques semaines d’hospitalité obligée envers deux dames qui viennent troubler son existence tranquille de femme heureuse dans sa campagne perdue.

 

En ce début de l’émancipation de la femme, Elisabeth se retrouve prise entre deux forces : la liberté qui lui est octroyée par un époux compréhensif mais ironique « l’Homme de Colère », et la soumission envers lui, car c’est grâce à lui qu’elle peut vivre libre et heureuse dans le vaste domaine « Schloss von Nassenheide ».

                       

Savez-vous ce qu’Elisabeth dit de nous, chères amies brodeuses ?

« […] les travaux d’aiguille d’un genre plus relevé ne sont qu’inventions du Malin destinées à détourner les filles sans cervelle de la voie de la sagesse. » (Oh chocking !!)


                                                           Marie and her french garden

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 20:00

A voir désormais aussi sur "Mirandoline" http://mirandoline.weebly.com


Nous, les Flamands, nous sommes tous habités par un désir incontrôlable d’évasion. La Flandre serait-elle trop petite ? L’hidalgo espagnol nous aurait-il transmis son impulsivité et sa soif de voyage ?

Ni mon frère Peter ni moi ne quittions jamais la maison de Gand sans vérifier que notre passeport ainsi que notre agenda muni de cartes du monde se trouvaient bien dans la poche du blouson. Il m’est arrivé trois fois, quand j’étais adolescente, de me retrouver sur le quai de la gare du Nord à Paris, étonnée par ma propre conduite. A Gand, un train était en partance pour Paris : je sautais dedans. Heureusement que la tante compréhensive (Teresa avait quitté elle-même à l’âge de dix-huit ans, juste après la guerre, ville, pays, famille pour venir vivre à Paris) était là pour m’héberger jusqu’à mon sage retour à la maison.

Qui est Jan Yoors ? Un jeune Flamand, fils unique de parents artistes d’Anvers. Il a douze ans lorsqu’il rencontre un campement de Tsiganes en bas de sa rue. Il les suivra, avec l’accord de ses parents ! Pendant six ans, il demeurera avec eux. Merveilleuse intégration auprès des Roms Lovasa, apprentissage de la vie des nomades, et bien plus : initiation totale aux coutumes, aux secrets, au bonheur d’être Rom. Bref, ce sera un tissage de profonde et durable amitié. Cela s’est passé entre 1934 et 1940.

Puis vint la Guerre.

Jan Yoors, Flamand avec les Roms, devient un maillon important dans les réseaux de la Résistance en France. Il verra plusieurs de ses frères Roms disparaître, envoyés dans les camps nazis, où 600 000 Tsiganes seront exterminés. Le livre se termine lorsqu’il rejoint Madrid avec des fugitifs, après avoir traversé les rudes Pyrénées, sous la neige.

J’ai lu ce livre d'un trait, il y a quelques années, et puis je l’ai offert à un ami, lui-même ami de Tsiganes. Le souvenir de ce témoignage m’est resté.

Aujourd’hui, ma commande est arrivée ! C’est Béatrice désormais qui est plongée dans la lecture…

Jan-Yoors-en-lecture.jpg 

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 18:53

Un cadeau pour mon beau-père qui aime la vannerie. Il a fabriqué quelques paniers autrefois, on les appelle des "boutasses" en bourbonnais. Un cadeau pour ma belle-mère qui aime la poësie.
Moi, j'aime bien lire et broder.


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Emile Verhaeren est un poète belge. Né en 1855 à Saint - Amand près d’Antwerpen, il meurt en 1916.

 

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 17:15
La Belgique a toujours été un pays d’accueil pour les exilés, les proscrits : ouvriers, artisans, intellectuels, poëtes, tous artistes confondus et bannis des pays voisins. (Vooral uit Frankrijk)
Déjà avant 1830, on surnommait les provinces du futur royaume « l’auberge des princes en exil ».
Pratiquement exilé de France,  Maurice Béjart a  trouvé refuge en Belgique, où ses ballets à l’époque trop audacieux pour les cercles traditionnels de Paris ont été reconnus et encouragés. 
Au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, son « Sacre du Printemps » a rencontré un triomphe enthousiaste et a été le tremplin de ses futures chorégraphies reconnues par le monde entier.
Le documentaire « Vous avez dit Béjart ? » filmé du vivant du danseur m’a appris un peu plus sur cet artiste d’une grande culture et dont la célébrité n’a pas altéré la modestie, et m'a révélé chez lui une grande générosité.
Les vagues ont façonné la figurine de bois flotté que voici. Nous l’avons ramassée un jour sur la plage de saint Cyprien. Ce morceau de bois résume pour moi les années créatives de Maurice Béjart et les recherches inlassables qu’il a faites sur les sujets de tout ses ballets. 
                                                                                                                               
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Béjart et les vagues
 
- « Béjart ! Vous avez dit Béjart ? » Un film en DVD de Serge Korber, présenté par le Béjart Ballet de Lausanne.
- Les réalisations du Béjart Ballet de Lausanne : http://www.bejart.ch
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 22:00
  
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J’ai cinq frères. Je suis née après quatre garçons, après quoi ma maman et mon papa voulaient me donner une petite sœur. C’était un faux calcul, j’ai eu un petit frère. Nous voici en photo. 
Je n’ai que de bons souvenirs de mon enfance entourée de mes frères. Sauf peut-être deux. Le premier, chose qui arrive couramment aux petites filles, mes frères ont gribouillé le visage de mon poupon avec un stylo indélébile. Victor avait l’air tout à coup très vieux. Je me souviens d’avoir beaucoup pleuré, car ils avaient beau frotter dessus, ils n’ont jamais pu effacer les rides. Je ne me souviens pas avoir reçu un autre bébé comme consolation.
L’autre souvenir date de mon adolescence. C’était l’époque hippie et j’avais acheté du henné pour me colorer les cheveux. Revenant de la salle de bains à la cuisine, les cheveux mouillés, j’étale à pleine mains la pâte sur ma tête… et j’entends mes frères glousser derrière la porte… ils avaient remplacé le henné par de la terre mouillée. On a bien rigolé.
Dominique, mon frère numéro trois, travaille à la Communauté Européenne à Luxembourg et aime écrire pour échapper à la bureaucratie du Marché Commun. Il a beaucoup de qualités. La plus grande à mon avis est son humour. Il le transmet sous forme d’histoires brèves ou de poëmes. Voici l’histoire de son ami Archibald.
 
ARCHIBALD ou la fête en enfer
 
Archibald est un être heureux, une âme simple, un amoureux de la nature. Il aime épier les oiseaux, explorer le sous-bois silencieux, se coucher dans l’herbe tendre au bord de l’étang et faire la sieste en cachette, sous le rayon de soleil qui perce la lucarne du grenier.
Archibald est solitaire, discret, rêveur. Il ne fait point d’esclandre, n’élève jamais la voix, ne se met pas en colère. Mais il parvient à ses fins en douceur, flattant quelque peu, quand il le faut, la personne dont il dépend ou qu’il peut obliger.
Archibald, surtout, est libre. C’est à dire, libre de son temps, libre de tracas professionnels, de soucis familiaux, libre d’angoisses métaphysiques. Il faut dire qu’Archibald n’a que quatre ans, et qu’il n’a aucune, mais alors aucune notion du temps. Pour lui, temps et temps libre sont donc de parfaits synonymes. Et son temps libre, il le consacre à sa seule et grande passion : Archibald observe les nuages.
 
Quand je dis qu’Archibald observe les nuages, je ne parle pas d’une flânerie, d’un passe-temps futile, d’une distraction. A l’inverse, il ne s’agit pas davantage d’une affaire sérieuse, dans le sens d’une activité qui aurait un caractère impérieux, une utilité concrète. Il s’agit de bien autre chose. Archibald a là une occupation à la mesure de l’immensité de sa liberté : il s’immerge, s’oublie, s’évanouit dans la contemplation des nuées célestes. Archibald plonge dans les nuages comme on tombe dans le vide, et son plongeon est aussi vertigineux que la chute d’un météore. Et comme l’objet de sa passion est aussi vaste que l’étendue de ses loisirs, l’esprit d’Archibald, Archibald le flegmatique, est en incessant mouvement ; son cœur, en continuelle palpitation ; son regard, en perpétuel émerveillement.
 
Archibald a de la chance. Il vit sous un climat idéal, quelque part sur les bords de la Tamise. Les conditions météorologiques sont excellentes : soleil et pluie alternent d’année en année, de mois en mois, de jour en jour, et même d’heure en heure. L’humidité de l’air, toute relative, oscille sans arrêt, mais de façon tellement subtile, que ni l’évaporation ni la condensation n’arrivent jamais à prendre définitivement le dessus. Il est donc extrêmement rare que le ciel soit entièrement dégagé, et presque aussi rare qu’il soit complètement bouché. En effet, un vent volontiers vigoureux, qui cependant ne vire pas trop souvent à la tempête, assure à Archibald, par sa force de dispersion, un spectacle des cieux d’une variabilité jamais épuisée.
 
Ainsi donc, au fil des jours, Archibald regarde, seul, les nuages, pendant que d’autres s’installent pour une longue journée d’attente au bord du fleuve, la canne à pêche à la main, l’œil rivé sur la surface grise et ridée de l’eau, sans même voir le reflet du firmament qui pourtant s’étale devant eux. Mais c’est un reflet pâle et fractionné, et l’attention du pêcheur se situe sur, ou plutôt sous, un autre plan.
 
Archibald ne connaît pas les termes scientifiques. Cumulo-nimbus, alto-cirrus, strato-cumulus : ces définitions ne veulent rien dire pour lui. Même les mots panache, striée, flocon : il ne pourrait les prononcer, bien qu’il capte aisément leur image, qu’il sente parfaitement leur forme, et les interprète instinctivement.
 
Ah ! les jours paisibles quand, très haut dans le ciel, les vaguelettes blanches viennent mourir sur la plage bleue infinie. Des plaines traversées de larges méandres s’étendent à perte de vue et paraissent immuables jusqu’au moment où, lentement, les fleuves aériens s’ouvrent en entonnoirs d’estuaires, puis en deltas découpés, dessinant subitement une ligne côtière à frange ourlée de dunes. Sur la steppe inversée des troupeaux avancent au lointain. Ou sont-ce des yourtes, des campements de tipis ?
Majestueusement dérivent les paquebots, des villes entières, des icebergs volatiles. Et tout à coup jaillissent de nulle part de lugubres cordillères entrecoupées de profonds canyons dont on devine les prolongements sinueux.
Puis les intempéries lancent à l’assaut de terribles chars de guerre, des tours imposantes, de fiers galions, et en hiver, même les cavaliers de l’apocalypse osent parfois de fulgurantes apparitions.
Archibald se sent alors comme écrasé par les colonnes de fumée s’échappant, après une sinistre déflagration, d’un gigantesque brasier. Et de temps en temps il croit apercevoir, tout au-dessus des masses sombres érigées en énorme relief amoncelé, une fine crête de glace, éclatante de blancheur.
 
Par-dessus tout, c’est le mouvement des nuages qui enchante Archibald. Dans son observatoire en coupole, l’image change continuellement : quand l’ensemble grossit, enfle, explose ou s’étire les parties s’allongent, s’aplatissent, ou au contraire s’enroulent puis s’amenuisent, s’éparpillent, se déchirent, se dissipent et s’évanouissent. Ce ne sont que carrousels centrifuges, escalators descendants, ballets tourbillonnants, fumerolles ascendantes, étendards claquants et brouillards enveloppants.
 
Archibald est matinal et, dès le premier acte, son spectacle est grandiose : une symphonie de couleurs le met en éveil et ajoute, de même que le soir, une dimension supplémentaire à sa vision. Parfois la palette des jaune, rose, rouge, mauve et violet s’enrichit, exceptionnellement et pour son plus grand bonheur, de fuchsia et de turquoise, de cyclamen ou de pourpre. Et puis, il y a le rayon vert... Mais, Archibald ne rentre-t-il donc jamais ?
 
Si, farouche sous l’averse, il s’abrite quand, ô miracle, à travers un rideau de pluie le soleil brille à chauds rayons, et tout repère semble perdu. Pris d’une étrange frénésie l’astre, les nuages et le ciel, électrisés par un arc multicolore, se jouent des préséances, chamboulent l’ordre établi, et les éléments s’entremêlent dans la plus totale anarchie. Certains peuples atterrés ont décrété qu’à ces occasions-là, il y a fête en enfer.
 
Archibald lui, se dit qu’un jour il montera au ciel. Qu’il se retrouvera là, au milieu des masses cotonnées, sautant d’un paquet d’ouate à l’autre. Il s’élancera d’une nappe blanche comme d’un tremplin, volera à travers les couches neigeuses, culbutera sur des galets floconneux, glissera le long de la pente spiralée d’un anticyclone naissant comme sur les barreaux d’un berceau d’ange. Puis, à la fin de la journée, il se laissera tomber sur le premier avion venu. Il décide qu’il partira très loin, au de-là des nuages, derrière l’horizon. Qu’enfin ce sera lui, pour une fois, qui écrira des lignes vaporeuses sur la page bleue, le tableau bleu sans fond qui l’a toujours tant fasciné. Il s’imagine signant son rêve fantastique d’une multitude de traits veloutés mais joyeux, puis il s’éloignera comme un oiseau sifflant dans les airs, la brise lui caressant les joues, à la découverte de mondes nouveaux.
 
Archibald ne part pas. Le voilà qui revient sur ses pas en trottinant. Rentré chez lui, il se couche, et s’endort paisiblement. Tout au plus, un de ses membres tressaillira et ses petits yeux clignoteront. Archibald ne partira jamais. Car Archibald est un chat. Un pauvre, vulgaire petit chat de gouttière. Mais Archibald est le chat le plus heureux de la terre.  

Dominique Claeys
 
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 13:18
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§ I – Dirk De Vos, schilder en schrijver
 
Au Consulat de Belgique de Perpignan – où je rends quelques services – je me trouve dans un univers un peu hors du commun, un lieu où flotte une atmosphère qui me plaît. J’y ai rencontré un couple original, « atypique » comme on dit de nos jours.
Madame Agnès Stockman, consul honoraire, est active et dévouée à nous les Belges des P.O. J’attends le moment propice pour vous la faire connaître un peu mieux dans le § II – A.S., plusieurs cordes à son arc.
 
Son époux, Dirk De Vos, est lui aussi, pris par de multiples activités.
Docteur en Histoire de l’art, il a occupé pendant plus de trente ans le poste de conservateur du Groeninge Museum à Bruges. De cette période, il a laissé de nombreux articles et des ouvrages consacrés aux peintres du XVe et du XVIe siècles, en particulier sur Hans Memling et Rogier van der Weyden. Pour avoir une idée plus complète sur les peintres prestigieux de cette époque, Dirk De Vos a sélectionné pour nous une vingtaine de chefs-d’œuvre dont il a fait un inventaire remarquable dans Les Primitifs Flamands. Couronnés de prix, ses écrits ont été traduits en plusieurs langues.
Mais il n’en est pas resté là.
Depuis sa retraite, notre spécialiste s’est retiré sur quelque hauteur des contreforts des Pyrénées où il se consacre désormais à la peinture, mais aussi à l’écriture.
Auteur de romans un peu policiers, surtout fantastiques, il s’est forgé un personnage un brin rêveur, surréaliste, que nous suivons très volontiers dans ses péripéties catalanes.
D.D. - Would-be nous entraîne dans des aventures mystérieuses, des situations bizarres où je reconnais parfois l’humour flamand de mes frères…
Après une lecture assidue et discontinue de son Chagrin du taureau, - j’étais assise au fond d’un café rue des Augustins à Perpignan – je me suis sentie bizarrement décalée dans le temps, transposée dans le fantastique que l’auteur a si bien évoqué.
Je n’en dis pas plus, ni de son Lézard espagnol ou du Meurtre de Matisse, sauf que chacune de ses fictions se déroule dans la région de Perpignan, à Collioure, à Céret, petites villes colorées du Roussillon.
La couleur en peinture… Dirk De Vos est non seulement historien et écrivain. Il nous surprend aussi par ses tableaux. Aurait-il été inspiré mystérieusement par ses Maîtres Flamands ? Aquarelles, huiles, xylographies…
Pour découvrir les oeuvres de Monsieur De Vos, je vous invite à vous rendre au 26, rue Grande la Réal, à Perpignan.

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 18:55

A voir désormais sur le site : Mirandoline (http://mirandoline.weebly.com)


 

La Fin de ma Russie
Journal 1914 - 1919
 
Catherine Sayn-Wittgenstein
 
Editions Noir sur Blanc
Chez Phébus Libretto
 
Un document bouleversant pour en savoir plus sur la vie, au jour le jour, d'une famille de propriétaires Russes d'Ukraine pendant et à la fin de la Grande Guerre.
Catherine Sayn-Wittgenstein et sa famille se sauvent de la Russie devant les bolcheviks pour arriver en 1918 à Czernowitz, en Bukovine. Elle emporte dans sa valise son Journal où elle décrit en détail ce que nous n'avions appris que sommairement dans nos manuels scolaires, ou par certains films ; les faits militaires, et la propagande qui les entoure, la révolution de Février, les bobards, les mensonges, la peur, la maladie (la grippe espagnole sévissait partout en Europe pendant la guerre) et la faim.
 
"J'ai donc pris un bain aujourd'hui pour la première fois depuis que nous sommes à Ataki. [...] C'est un véritable événement, parce qu'il n'y a pas d'eau courante et que l'eau doit être apportée de très loin dans un tonneau. Mais cela ne dérange personne, car je ne crois pas que beaucoup de gens ici aient l'idée de prendre un bain. [...] La baignoire était installée dans la cuisine [...] j'éprouvai une impression pénible : quatre filles employées s'y trouvaient à vaquer à quelque occupation. Que devais-je faire ? [...]
 
       "N'apporte pas tes propres règles dans un monastère étranger"
              dit le proverbe et je suis entrée dans la baignoire. Les filles observèrent ce processus avec beaucoup d'intérêt". (p. 349-350 )


J'aime beaucoup cette expression. C'est une belle leçon à retenir.
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