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Dimanche 27 janvier 2008

Un cadeau pour mon beau-père qui aime la vannerie. Il a fabriqué quelques paniers autrefois, on les appelle des "boutasses" en bourbonnais. Un cadeau pour ma belle-mère qui aime la poësie.
Moi, j'aime bien broder.

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Emile Verhaeren est un poète belge. Né en 1855 à Saint - Amand près d’Antwerpen, il meurt en 1916.

 

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Par Une Flamande à Perpignan - Publié dans : Madame brode - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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Mercredi 23 janvier 2008

 

undefined Isabelle et Hakimi, le chauffeur de Béatrice quand elle avait deux ans (voir la photo ici-après)

Isabelle est une amie de longue date. Lorsque nous habitions au Yémen, de 1992 à 1995, elle est venue une première fois pour nous rendre visite et voyager avec notre amie commune Myriam. Depuis lors, Isabelle est tombée amoureuse du pays, elle y revient chaque année et plusieurs fois par an, comme guide spécialiste de ce pays merveilleux. Isabelle la blonde flamande est devenue la coqueluche du Yémen. Elle connaît le pays comme sa poche, est accueillie dans les familles, et elle a appris l’arabe.

Lors de l’attentat la semaine dernière, Isabelle était dans le sud du pays avec un groupe et sa maman de 80 ans.

Nous avons reçu d’elle un message par mail, une sorte de « lettre ouverte » à tous ses amis en Belgique.

Pour lire sa lettre traduite en Français, descendez.
Les photos qui suivent datent de notre vie au Yémen. 

 
undefined "On y va maintenant ?" demande Hakimi le chauffeur. "Pas on y va", répond Béatrice.
 


Hallo allemaal,

Ondertussen nog steeds in Jemen, het land dat nu door vele Belgen waarschijnlijk verafschuwt wordt. Mijn eerste dag volledig vrij na een maand rondleiding en rondreizen.

Vreselijk wat gebeurd is, zowel voor de Belgen als de Jemenieten. Wat een ellende een paar idioten kunnen veroorzaken. Families die treuren, een vakantie die veranderd is in een drama en een zwarte toekomst voor alle mensen die hier van toerisme leven.

Idiote moordenaars, zo worden de daders ook door de meeste Jemenieten aanzien. Sinds vrijdag uiten bekenden maar ook onbekende passanten op straat, hun excuses voor het gebeurde en heten ze ons nog meer dan anders welkom, sommigen leggen er de nadruk op dat wat gebeurd is in tegenstrijd is met de Jemenitische gastvrijheid en de islam en dat zulke moordenaars geen moslims zijn ook al zien die zichzelf wel zo.

Jemen is nu waarschijnlijk dagen na elkaar in het nieuws geweest, ik ben zelf opgebeld geweest door Radio 1 en was te horen vrijdag tussen 19 en 20u, zoals sommigen onder jullie al wisten.  

Volgens sommigen was de reactie van De Gucht alles behalve en zonder enige voorkennis. Ik heb hier reeds geprobeerd om het nieuws van de vorige dagen op te halen maar het is me nog niet gelukt.  Van hieruit wordt alles anders beleefd dan in België

Op het moment van de moorden waren wij in Taiz, veilig en ver van de plaats van het onheil waar we wel enkele dagen eerder geweest waren.

Vannacht zijn mijn moeder en de andere 3 vertrokken na een fantastische reis in dit ``gevaarlijke land``. Mijn moeder heeft enorm genoten en is heel blij dat ze dit land bereisd heeft. 2 maand voor ze 80 wordt heeft ze gekampeerd in de woestijn en geslapen in een primitieve open hut op `t strand aan de Indische Oceaan, weinigen zullen het haar nadoen op die leeftijd. Voor mij was het ook heel bijzonder met haar hier rond te reizen.

Het gevaarlijkst hier is eerder het verkeer en niet de mensen. Idioten lopen overal rond, ook in Belgie. In Brussel zitten mensen die vrijwilligers ronselen om zich te exploderen in Irak, Londen kende een aanslag, Madrid ook..., is dat een reden om Londen en Madrid niet meer te bezoeken?? Terroristen zitten jammer genoeg overal in de wereld...

Met alle respect voor de slachtoffers maar ik raad reizen naar Jemen nog steeds niet af.

Jammer genoeg zal het nu annulaties regenen, Amarant heeft me al laten weten dat ze de geplande reis ( in november!) cancelen, ...wie volgt?

Ik blijf hier normaal gezien tot 3 februari, wat ik ga doen weet ik nog niet, ik ging normaal gezien de streek tussen Hadramaut en Oman verkennen maar dit is nu misschien wat moeilijk.

Misschien verander ik mijn vlucht, misschien ook niet...

Vele groetjes en wees aub niet ongerust, ik voel me hier heel veilig.

Isabelle


En montant au-dessus de Taez



Bonjour tout le monde,

 

Pour l’instant, je me trouve toujours au Yémen, ce pays sans doute détesté à présent par de nombreux  Belges.

Après un mois de guide, j’en suis à mon premier jour de vacances.

Ce qui est arrivé est atroce tant pour les Belges que pour les Yéménites. Une poignée de terroristes a provoqué le malheur de tous. Des familles en deuil, un voyage transformé en drame, et l’avenir sombre pour les gens qui vivent ici du tourisme.

Des meurtriers sauvages, ainsi sont-ils considérés par la plupart des Yéménites. Depuis vendredi, les personnes dans la rue nous interpellent pour nous témoigner leur sympathie et pour  s’excuser de ce drame. Plus que jamais ils nous souhaitent la bienvenue. Certains insistent que l’hospitalité yéménite et l’Islam n’ont rien à voir avec ce qui s’est produit, que ces meurtriers ne sont pas de vrais Musulmans même s’ils se disent ainsi.

Le Yémen a dû être pendant plusieurs jours à la Une des informations, on m’a appelée par Radio I et j’ai parlé vendredi entre 19 et 20 heures, certains d’entre vous m’ont entendue.

D’après certaines personnes la réaction de De Gucht était en dessous de tout et sans aucune connaissance de la question. Ici, j’ai déjà essayé de rattraper les infos des jours précédents mais je n’en suis pas encore parvenue. D’ici tout est vécu différemment qu’en Belgique.

Au moment de l’attentat nous étions à Taëz, en sécurité et loin de l’endroit du drame où nous étions quelques jours avant.

Ma mère et ses trois amies ont quitté le Yémen cette nuit, après un voyage extraordinaire dans ce “pays dangereux”. Ma mère a vécu des moments merveilleux, elle est très heureuse d’avoir pu visiter ce pays. Deux mois avant son anniversaire de 80 ans, elle a campé dans le désert, dormi dans des funduk, dans des huttes ouvertes traditionnelles sur la plage devant l’Océan Indien. Peu de personnes voudront suivre son expérience à son âge.

Pour moi aussi, voyager avec elle a été formidable.

Le plus dangereux ici ce sont plutôt les déplacements. Partout il y a des gens dangereux, même en Belgique. A Bruxelles il y a des gens qui agressent des musulmans. Londres a eu des attentats, Madrid aussi… Est-ce une raison pour ne plus visiter Londres et Madrid ? Il y a malheureusement des terroristes dans le monde entier.

Je respecte le point de vue des victimes, de leur famille, mais je ne déconseille pas de faire un voyage au Yémen. Il y aura malheureusement de nombreuses annulations, « Amarant » m’a déjà fait savoir que le voyage en novembre est annulé…

Je reste ici jusqu’au 3 février, je devais normalement explorer la région entre le Hadramaout et Oman, ce sera probablement difficile en ce moment. Je changerai peut-être mon vol, mais peut-être pas…

Je vous salue tous, ne soyez surtout pas inquiets, je me sens en complète sécurité.

Isabelle


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Après 7 heures de pistes, trois heures de marche vers Bukur. Béatrice dans les bras de son père
Sur la route de Saa'da vers le nord, à la frontière avec l'Arabie Saoudite
Avec notre ami Pascal Escudié, mort deux ans plus tard.
Par Une Flamande à Perpignan - Publié dans : A ne pas manquer
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Dimanche 20 janvier 2008

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Quand Matthias est là, tout le monde est heureux. 

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                                                   cajolée par son frère.
 



Quelques sorties pour les bien portants

 

En ville, place de la Cathédrale 
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Le Campo Santo derrière la Cathédrale

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Une ascension d’environ 500 mètres sur le haut pays du Fenouillèdes  vers l’ancien ermitage « Força Réal » avec un vent terrible

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 où la vue s’étend largement sur la mer, les Albères et les Corbières.

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Au retour un bon « marbré italien » - la recette ? Elle est de Monique ! Au 
 www.traiteur-a-domicile.net 

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et on n’oublie pas la petite cuillère au moment de battre la pâte.

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Par Une Flamande à Perpignan - Publié dans : Catalogne
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Vendredi 18 janvier 2008

Deux montagnes, deux pays, deux continents, deux altitudes, … un frère et une sœur… un avion et une voiture.

Le Fuji Yama a été pris en photo depuis le cockpit du Cirrus piloté par mon frère Peter. Il présente l’avion à des acheteurs potentiels dans toute l’Asie du sud-est, c’est son métier.
Intéressé ? Allez-y de ma part : 

 
Peter Claeys
Regional Director China & S-E Asia / CPL-IR
Cirrus Design Corporation - Shanghai Representative Office
Shanghai Mart J22 - 8F, 2299 Yan’an Rd. West, Shanghai, PRC 200336
tel/fax       +86 (0)21 62616882
mobile/BB +86 159 0089-6090
CIRRUS DESIGN CORPORATION
www.cirrusdesign.com
 
PLANE GENIUS


Le Canigou

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Le Canigou est photographié sur la Départementale 5 depuis le « cockpit » de notre VW. Je ne vends pas de VW. 

  undefined Le Fuji Yama
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"N946CD continue sa route depuis le Shandong, Changsha, Macau, Hong Kong, Taipei, Okinawa, Hiroshima, Osaka aujourd'hui passage au sud du mont Fuji : temps radieux en vol et photo d'arrivée a Tokyo (Honda Airport) avec mes passagers et nos bagages après un vol de 480 km en 1h20!. Peter"

 

Mon frère Peter est facile à reconnaître.
Il est le deuxième de la famille, né juste avant Dominique que vous connaissez grâce à son ami Archibald!

Par Une Flamande à Perpignan - Publié dans : Catalogne
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Lundi 14 janvier 2008

 

Perpignan  ......

Canet

La Mer

 

Les Etangs de Canet

 

Saint Cyprien

 

Argelès

 

COLLIOURE

 

Port-Vendres

 

Banyuls

 

Cerbère

 

L'Espagne

 


Je vous avais promis une version française de notre sortie à Collioure le 28 décembre dernier. 


Michel et Gaby ont choisi pour nous une journée splendide et ensoleillée. Nous avons d’ailleurs pu prendre l’apéritif sur la terrasse de leur maison surplombant les toits,
en plein cœur du vieux village, avec vue sur la mer.

Michel et Gaby sont nés à Collioure. Michel est fils, petit-fils et arrière-petit-fils de pêcheurs d’anchois. Il a passé son enfance dans une de ces ravissantes maisonnettes de pêcheurs que de nombreux Suisses et Anglais viennent habiter l’été.

Michel est maintenant professeur de Maths à Perpignan, mais ses pensées sont souvent tournées vers Collioure. Le petit port ne produit plus d’anchois. Si l’on veut du poisson frais, il faut prendre la voiture pour Port-Vendres, le seul endroit de la côte qui le vend encore « à la criée ».

Chaque pêcheur avait aussi sa vigne pour sa consommation personnelle. Michel a décidé à son tour de cultiver quelques arpents de vignes. Il fait partie de la dizaine de vignerons qui produisent du Banyuls et du Collioure et dépendent de la même cave : Le Cellier des Dominicains.

Nous y avons suivi un véritable cours sur la taille, le sol, la récolte. C’était passionnant, et malheureusement j’avais oublié de mettre la carte mémoire dans l’appareil photo. Quel regret ! Je n’ai pas pu prendre Michel dans sa vigne pour vous faire voir les photos accompagnées d’explications. Voici quand-même une image de la bouteille, en attendant de vous proposer un verre… 

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Collioure était aussi un des sites favoris des peintres Français, les « fauves », qui ont découvert la région à partir de 1905 (Henri Matisse, André Derain). (Pour voir une reproduction, reportez-vous à la version flamande, "Ansjovisjes uit Collioure").

 

Revenons donc à nos anchois. Chaque jour les navires de pêche venaient déverser par dizaines chacun sa tonne d’anchois au petit port de Collioure. Les marins transportaient les paniers par 50 kilos aux poissonneries où leurs femmes prenaient le relais. Les poissons étaient rincés, on leur enlevait la tête, puis ils étaient habilement disposés dans des caisses en bois : une couche d’anchois, une couche de sel et ainsi de suite.

Deux conserveries seulement subsistent aujourd’hui. La famille Desclaux, amis bien sûr de Michel et Gaby, nous a aimablement ouvert la salle d’exposition consacrée à l’histoire de l’anchois à Collioure. Ce n’est plus comme autrefois, désormais chaque employé doit se munir de gants et de tabliers spéciaux, réservés à ce travail, et se couvrir la bouche avec un masque blanc, pour effectuer exactement les mêmes gestes que leurs ancêtres… qui ne craignaient pas les microbes. Monsieur Desclaux et Michel nous ont montré leurs pères, leurs oncles et leurs cousins sur les photos anciennes.

 

Tout le monde connaît la pizza à l’anchois. Très bons aussi en entrée avec des lamelles de poivrons verts et rouges grillés préalablement au four.

Ces anchois devront d’abord être dessalés à l’eau pendant une bonne demi-heure en changeant l’eau de temps en temps.

Je crois que je vais suggérer à mon amie Monique de trouver quelques bonnes recettes aux anchois ! Allons voir bientôt sur son blog http://www.traiteur-a-domicile.net
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C'est déjà fait : allons voir le commentaire ci-dessous de Monique... et bon appétit.

 

Par Une Flamande à Perpignan - Publié dans : Catalogne
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Vendredi 11 janvier 2008
La Belgique a toujours été un pays d’accueil pour les exilés, les proscrits : ouvriers, artisans, intellectuels, poëtes, tous artistes confondus et bannis des pays voisins. (Vooral uit Frankrijk)
Déjà avant 1830, on surnommait les provinces du futur royaume « l’auberge des princes en exil ».
Pratiquement exilé de France,  Maurice Béjart a  trouvé refuge en Belgique, où ses ballets à l’époque trop audacieux pour les cercles traditionnels de Paris ont été reconnus et encouragés. 
Au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, son « Sacre du Printemps » a rencontré un triomphe enthousiaste et a été le tremplin de ses futures chorégraphies reconnues par le monde entier.
Le documentaire « Vous avez dit Béjart ? » filmé du vivant du danseur m’a appris un peu plus sur cet artiste d’une grande culture et dont la célébrité n’a pas altéré la modestie, et m'a révélé chez lui une grande générosité.
Les vagues ont façonné la figurine de bois flotté que voici. Nous l’avons ramassée un jour sur la plage de saint Cyprien. Ce morceau de bois résume pour moi les années créatives de Maurice Béjart et les recherches inlassables qu’il a faites sur les sujets de tout ses ballets. 
                                                                                                                               
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Béjart et les vagues
 
- « Béjart ! Vous avez dit Béjart ? » Un film en DVD de Serge Korber, présenté par le Béjart Ballet de Lausanne.
- Les réalisations du Béjart Ballet de Lausanne : http://www.bejart.ch
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Lundi 7 janvier 2008
  
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J’ai cinq frères. Je suis née après quatre garçons, après quoi ma maman et mon papa voulaient me donner une petite sœur. C’était un faux calcul, j’ai eu un petit frère. Nous voici en photo. 
Je n’ai que de bons souvenirs de mon enfance entourée de mes frères. Sauf peut-être deux. Le premier, chose qui arrive couramment aux petites filles, mes frères ont gribouillé le visage de mon poupon avec un stylo indélébile. Victor avait l’air tout à coup très vieux. Je me souviens d’avoir beaucoup pleuré, car ils avaient beau frotter dessus, ils n’ont jamais pu effacer les rides. Je ne me souviens pas avoir reçu un autre bébé comme consolation.
L’autre souvenir date de mon adolescence. C’était l’époque hippie et j’avais acheté du henné pour me colorer les cheveux. Revenant de la salle de bains à la cuisine, les cheveux mouillés, j’étale à pleine mains la pâte sur ma tête… et j’entends mes frères glousser derrière la porte… ils avaient remplacé le henné par de la terre mouillée. On a bien rigolé.
Dominique, mon frère numéro trois, travaille à la Communauté Européenne à Luxembourg et aime écrire pour échapper à la bureaucratie du Marché Commun. Il a beaucoup de qualités. La plus grande à mon avis est son humour. Il le transmet sous forme d’histoires brèves ou de poëmes. Voici l’histoire de son ami Archibald.
 
ARCHIBALD ou la fête en enfer
 
Archibald est un être heureux, une âme simple, un amoureux de la nature. Il aime épier les oiseaux, explorer le sous-bois silencieux, se coucher dans l’herbe tendre au bord de l’étang et faire la sieste en cachette, sous le rayon de soleil qui perce la lucarne du grenier.
Archibald est solitaire, discret, rêveur. Il ne fait point d’esclandre, n’élève jamais la voix, ne se met pas en colère. Mais il parvient à ses fins en douceur, flattant quelque peu, quand il le faut, la personne dont il dépend ou qu’il peut obliger.
Archibald, surtout, est libre. C’est à dire, libre de son temps, libre de tracas professionnels, de soucis familiaux, libre d’angoisses métaphysiques. Il faut dire qu’Archibald n’a que quatre ans, et qu’il n’a aucune, mais alors aucune notion du temps. Pour lui, temps et temps libre sont donc de parfaits synonymes. Et son temps libre, il le consacre à sa seule et grande passion : Archibald observe les nuages.
 
Quand je dis qu’Archibald observe les nuages, je ne parle pas d’une flânerie, d’un passe-temps futile, d’une distraction. A l’inverse, il ne s’agit pas davantage d’une affaire sérieuse, dans le sens d’une activité qui aurait un caractère impérieux, une utilité concrète. Il s’agit de bien autre chose. Archibald a là une occupation à la mesure de l’immensité de sa liberté : il s’immerge, s’oublie, s’évanouit dans la contemplation des nuées célestes. Archibald plonge dans les nuages comme on tombe dans le vide, et son plongeon est aussi vertigineux que la chute d’un météore. Et comme l’objet de sa passion est aussi vaste que l’étendue de ses loisirs, l’esprit d’Archibald, Archibald le flegmatique, est en incessant mouvement ; son cœur, en continuelle palpitation ; son regard, en perpétuel émerveillement.
 
Archibald a de la chance. Il vit sous un climat idéal, quelque part sur les bords de la Tamise. Les conditions météorologiques sont excellentes : soleil et pluie alternent d’année en année, de mois en mois, de jour en jour, et même d’heure en heure. L’humidité de l’air, toute relative, oscille sans arrêt, mais de façon tellement subtile, que ni l’évaporation ni la condensation n’arrivent jamais à prendre définitivement le dessus. Il est donc extrêmement rare que le ciel soit entièrement dégagé, et presque aussi rare qu’il soit complètement bouché. En effet, un vent volontiers vigoureux, qui cependant ne vire pas trop souvent à la tempête, assure à Archibald, par sa force de dispersion, un spectacle des cieux d’une variabilité jamais épuisée.
 
Ainsi donc, au fil des jours, Archibald regarde, seul, les nuages, pendant que d’autres s’installent pour une longue journée d’attente au bord du fleuve, la canne à pêche à la main, l’œil rivé sur la surface grise et ridée de l’eau, sans même voir le reflet du firmament qui pourtant s’étale devant eux. Mais c’est un reflet pâle et fractionné, et l’attention du pêcheur se situe sur, ou plutôt sous, un autre plan.
 
Archibald ne connaît pas les termes scientifiques. Cumulo-nimbus, alto-cirrus, strato-cumulus : ces définitions ne veulent rien dire pour lui. Même les mots panache, striée, flocon : il ne pourrait les prononcer, bien qu’il capte aisément leur image, qu’il sente parfaitement leur forme, et les interprète instinctivement.
 
Ah ! les jours paisibles quand, très haut dans le ciel, les vaguelettes blanches viennent mourir sur la plage bleue infinie. Des plaines traversées de larges méandres s’étendent à perte de vue et paraissent immuables jusqu’au moment où, lentement, les fleuves aériens s’ouvrent en entonnoirs d’estuaires, puis en deltas découpés, dessinant subitement une ligne côtière à frange ourlée de dunes. Sur la steppe inversée des troupeaux avancent au lointain. Ou sont-ce des yourtes, des campements de tipis ?
Majestueusement dérivent les paquebots, des villes entières, des icebergs volatiles. Et tout à coup jaillissent de nulle part de lugubres cordillères entrecoupées de profonds canyons dont on devine les prolongements sinueux.
Puis les intempéries lancent à l’assaut de terribles chars de guerre, des tours imposantes, de fiers galions, et en hiver, même les cavaliers de l’apocalypse osent parfois de fulgurantes apparitions.
Archibald se sent alors comme écrasé par les colonnes de fumée s’échappant, après une sinistre déflagration, d’un gigantesque brasier. Et de temps en temps il croit apercevoir, tout au-dessus des masses sombres érigées en énorme relief amoncelé, une fine crête de glace, éclatante de blancheur.
 
Par-dessus tout, c’est le mouvement des nuages qui enchante Archibald. Dans son observatoire en coupole, l’image change continuellement : quand l’ensemble grossit, enfle, explose ou s’étire les parties s’allongent, s’aplatissent, ou au contraire s’enroulent puis s’amenuisent, s’éparpillent, se déchirent, se dissipent et s’évanouissent. Ce ne sont que carrousels centrifuges, escalators descendants, ballets tourbillonnants, fumerolles ascendantes, étendards claquants et brouillards enveloppants.
 
Archibald est matinal et, dès le premier acte, son spectacle est grandiose : une symphonie de couleurs le met en éveil et ajoute, de même que le soir, une dimension supplémentaire à sa vision. Parfois la palette des jaune, rose, rouge, mauve et violet s’enrichit, exceptionnellement et pour son plus grand bonheur, de fuchsia et de turquoise, de cyclamen ou de pourpre. Et puis, il y a le rayon vert... Mais, Archibald ne rentre-t-il donc jamais ?
 
Si, farouche sous l’averse, il s’abrite quand, ô miracle, à travers un rideau de pluie le soleil brille à chauds rayons, et tout repère semble perdu. Pris d’une étrange frénésie l’astre, les nuages et le ciel, électrisés par un arc multicolore, se jouent des préséances, chamboulent l’ordre établi, et les éléments s’entremêlent dans la plus totale anarchie. Certains peuples atterrés ont décrété qu’à ces occasions-là, il y a fête en enfer.
 
Archibald lui, se dit qu’un jour il montera au ciel. Qu’il se retrouvera là, au milieu des masses cotonnées, sautant d’un paquet d’ouate à l’autre. Il s’élancera d’une nappe blanche comme d’un tremplin, volera à travers les couches neigeuses, culbutera sur des galets floconneux, glissera le long de la pente spiralée d’un anticyclone naissant comme sur les barreaux d’un berceau d’ange. Puis, à la fin de la journée, il se laissera tomber sur le premier avion venu. Il décide qu’il partira très loin, au de-là des nuages, derrière l’horizon. Qu’enfin ce sera lui, pour une fois, qui écrira des lignes vaporeuses sur la page bleue, le tableau bleu sans fond qui l’a toujours tant fasciné. Il s’imagine signant son rêve fantastique d’une multitude de traits veloutés mais joyeux, puis il s’éloignera comme un oiseau sifflant dans les airs, la brise lui caressant les joues, à la découverte de mondes nouveaux.
 
Archibald ne part pas. Le voilà qui revient sur ses pas en trottinant. Rentré chez lui, il se couche, et s’endort paisiblement. Tout au plus, un de ses membres tressaillira et ses petits yeux clignoteront. Archibald ne partira jamais. Car Archibald est un chat. Un pauvre, vulgaire petit chat de gouttière. Mais Archibald est le chat le plus heureux de la terre.  

Dominique Claeys
 
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Samedi 5 janvier 2008
                                                                                        undefined   
§ I – Dirk De Vos, schilder en schrijver
 
Au Consulat de Belgique de Perpignan – où je rends quelques services – je me trouve dans un univers un peu hors du commun, un lieu où flotte une atmosphère qui me plaît. J’y ai rencontré un couple original, « atypique » comme on dit de nos jours.
Madame Agnès Stockman, consul honoraire, est active et dévouée à nous les Belges des P.O. J’attends le moment propice pour vous la faire connaître un peu mieux dans le § II – A.S., plusieurs cordes à son arc.
 
Son époux, Dirk De Vos, est lui aussi, pris par de multiples activités.
Docteur en Histoire de l’art, il a occupé pendant plus de trente ans le poste de conservateur du Groeninge Museum à Bruges. De cette période, il a laissé de nombreux articles et des ouvrages consacrés aux peintres du XVe et du XVIe siècles, en particulier sur Hans Memling et Rogier van der Weyden. Pour avoir une idée plus complète sur les peintres prestigieux de cette époque, Dirk De Vos a sélectionné pour nous une vingtaine de chefs-d’œuvre dont il a fait un inventaire remarquable dans Les Primitifs Flamands. Couronnés de prix, ses écrits ont été traduits en plusieurs langues.
Mais il n’en est pas resté là.
Depuis sa retraite, notre spécialiste s’est retiré sur quelque hauteur des contreforts des Pyrénées où il se consacre désormais à la peinture, mais aussi à l’écriture.
Auteur de romans un peu policiers, surtout fantastiques, il s’est forgé un personnage un brin rêveur, surréaliste, que nous suivons très volontiers dans ses péripéties catalanes.
D.D. - Would-be nous entraîne dans des aventures mystérieuses, des situations bizarres où je reconnais parfois l’humour flamand de mes frères…
Après une lecture assidue et discontinue de son Chagrin du taureau, - j’étais assise au fond d’un café rue des Augustins à Perpignan – je me suis sentie bizarrement décalée dans le temps, transposée dans le fantastique que l’auteur a si bien évoqué.
Je n’en dis pas plus, ni de son Lézard espagnol ou du Meurtre de Matisse, sauf que chacune de ses fictions se déroule dans la région de Perpignan, à Collioure, à Céret, petites villes colorées du Roussillon.
La couleur en peinture… Dirk De Vos est non seulement historien et écrivain. Il nous surprend aussi par ses tableaux. Aurait-il été inspiré mystérieusement par ses Maîtres Flamands ? Aquarelles, huiles, xylographies…
Pour découvrir les oeuvres de Monsieur De Vos, je vous invite à vous rendre au 26, rue Grande la Réal, à Perpignan.

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Jeudi 3 janvier 2008




Gelukkig Nieuwjaar !

Bonne Année !


Feliç 2008 !

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Et le tout premier genêt fleuri
pour le premier janvier !!!

Bon, je l'avoue, la photo a été prise en Espagne, mais à quelques kilomètres de Perpignan (Costa Brava).


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Vendredi 28 décembre 2007
                         Ansjovisjes uit Collioure

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Gisteren hebben we de ganse dag met vrienden in Collioure doorgebracht. Michel is daar geboren, zijn vader, grootvader, overgrootvader waren vissers. Zij leefden in een klein vissershuisje in het centrum van het havenstadje, waar nu Zwitsers, Belgen, Engelsen hun zomervakantie komen doorbrengen.
Michel is leraar in wiskunde in de school van dochterlief in Perpignan. Maar zijn gedachten zijn steeds in Collioure, waar hij zijn huisje heeft behouden, en enkele hectaren wijngaard heeft bekomen. Over de wijngaard en de wijn van Collioure (Cellier des Dominicains) heeft hij ons zoveel verteld, daar zal ik een andere “newsletter” over schrijven ! Drie uur lang hebben we in de wijngaarden gestapt, met prachtig zicht op de Middellandse zee. Wat jammer toch, ik had het geheugenkaartje in mijn nieuw fotoapparaat niet gestoken, dus de ganse dag geen foto’s kunnen nemen voor jullie.
 
 
Collioure was ook een paradijs voor Franse schilders die vanaf 1905 met hun zomerpalet de haven, de zee, de bergen en de wijngaarden in felle warme kleuren omtoverden. (Het Fauvisme van Henri Matisse en André Derain, of ook Chamsey en Mackintosh).
                        

Collioure is een voormalige kleine vissershaven, tot de vorige generatie nog door de ansjovishandel gekend.
Sinds eeuwen leefde Collioure van het vissen en inmaken van de bekende Ansjovisjes.
Nog geen honderd jaar geleden kwamen dagelijks tien boten in de kleine haven van Collioure hun ton ansjovissen afleveren. Die werden door twee mannen per mandjes van 50 kilo naar de visserijen gebracht waar de vrouwen het werk overnamen. De visjes werden gespoeld, hun kopjes afgebroken, en in houten tonnen mooi naast elkaar geschikt met één laag zout, één laag visjes, één laag zout, één laag visjes.
Van de tientallen ansjovisserijen in Collioure blijven er nog twee over. De familie Desclaux heeft ons haar zalen laten zien. Nu moet ieder die daar werkt een witte band voor de mond hebben, speciale caoutchouc handschoenen en schorten aanhebben om hetzelfde werk te doen als hun voorouders. Ach, die bacteriën die men plots heeft uitgevonden!
De visjes zijn heerlijk als voorgerecht met rode en groene pepers, met hardgekookte eieren of, zoals door iedereen gekend : op de pizza.
Doch, niet vergeten ze eerst een goed halfuur in water laten uitzouten en het water nu en dan eens verversen.
Welgekomen : Perpignan – Collioure : 25 kilometer.

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